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Recette #009

PLB (Pendez les Blancs) : Quand le rap français a joué avec le feu

Concercant l'œuvre : PLB (Pendez les Blancs) (2018)

PUB: 16.12.2025

AUT: Sohane SHAKHUN

SRC: CONFIDENTIEL

Septembre 2018. Un rappeur inconnu lâche une bombe sur YouTube. Le titre ? "Pendez les blancs". Le clip ? Une scène de torture ultra-violente où un homme blanc est humilié et exécuté. En quelques heures, la France entière s'indigne, les politiques montent au créneau et la justice s'en mêle. Provocation artistique ratée ou véritable cuisine de haine ? Retour sur ce plat qui est resté en travers de la gorge de la France entière.

01.L'Artiste : Nick Conrad, l'inconnu devenu ennemi public n°1

Avant ce scandale, Nick Conrad, c'était qui ? Personne. Littéralement. Moins de 200 abonnés sur YouTube, un artiste confidentiel de Noisy-le-Grand qui galérait pour se faire entendre. Il n'avait rien à perdre, et il a décidé de tout miser sur un seul ingrédient explosif : le choc.

Son objectif n'était pas de devenir une star du rap, mais de marquer les esprits par un électrochoc. Il voulait faire parler de lui, et sur ce point, la sauce a pris au-delà de ses espérances. En une journée, il est passé de l'anonymat complet aux titres du 20h.

L'Artiste : Nick Conrad, l'inconnu devenu ennemi public n°1
Fig. - Nick Conrad : L'homme qui a enflammé la France avec un seul clip.

02.L'Œuvre : Une inversion des rôles brutale

Le clip de PLB est dur à avaler. On y voit Nick Conrad et ses acolytes capturer un homme blanc, le torturer, lui faire mordre le trottoir (référence directe à American History X), et finalement le pendre. Les paroles sont à l'avenant : appels au meurtre, violence crue.

Mais attention, l'artiste a une explication. Pour lui, ce n'est pas du racisme anti-blanc, c'est un
miroir inversé. Il prétend avoir voulu inverser les rôles de l'esclavage et de la ségrégation pour que les blancs ressentent la violence subie par les noirs à travers l'histoire. "Regardez ce que ça fait quand c'est vous", semble-t-il dire. Le problème ? Le message est tellement noyé dans la violence graphique qu'il en devient indigeste.

L'Œuvre : Une inversion des rôles brutale
Fig. - Une imagerie choc qui emprunte aux codes du cinéma violent.

03.Le Scandale : L'indignation nationale

La réaction est immédiate. La LICRA, les associations antiracistes, et quasiment toute la classe politique condamnent la vidéo. YouTube supprime le clip en un temps record pour incitation à la haine. Aujourd'hui, l'œuvre originale est introuvable sur les plateformes légales, effacée du web comme une mauvaise tache. Le parquet ouvre une enquête.

Le débat entre en ébullition : peut-on tout dire au nom de l'art ? Si un chanteur blanc avait fait "Pendez les noirs" avec la même mise en scène inversée, aurait-on accepté l'excuse de la démarche artistique ? La justice a tranché : non. Nick Conrad sera condamné à 5000€ d'amende avec sursis pour provocation au crime. Le tribunal a estimé que la "distanciation artistique" n'était pas suffisante face à la violence du propos.

Le Scandale : L'indignation nationale
Fig. - Quand la polémique dépasse la musique : l'affaire devient politique.

04.La Leçon : L'art du funambule

L'affaire PLB illustre toute la difficulté de l'art engagé lorsqu'il utilise les codes qu'il prétend dénoncer. Vouloir combattre le racisme en reproduisant sa violence graphique est une démarche risquée qui peut brouiller le message. Lorsque l'assaisonnement choque plus que le fond ne nourrit, le malentendu devient inévitable.

Nick Conrad restera comme l'exemple d'un artiste dont l'intention a été totalement éclipsée par la forme. Son œuvre pose une question sans réponse définitive : jusqu'où peut-on aller dans la représentation de la haine pour tenter de la combattre ?

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