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Recette #007

The Human Centipede 2 : La suite qui a fait vomir le cinéma

Concercant l'œuvre : The Human Centipede 2 (2011)

PUB: 11.12.2025

AUT: Sohane SHAKHUN

SRC: CONFIDENTIEL

Vous avez trouvé le premier Human Centipede dégoûtant ? Attendez de goûter à la suite. Si le premier volet était une expérience chirurgicale (presque) propre, le second est un brouet infâme en noir et blanc. Interdit, censuré, coupé : ce plat est allé si loin que même les estomacs les plus accrochés ont eu des haut-le-cœur. Préparez vos sacs à vomi, on passe à table dans les égouts du 7ème art.

01.Le Réalisateur : Tom Six, le chef étoilé du mauvais goût

Tom Six cultive sa singularité dans le paysage cinématographique. C'est un provocateur né qui aime tester les limites de son public. Après le succès et le scandale du premier film, il a entendu les critiques dire que c'était "trop médical" et "pas assez réaliste". Sa réponse ? Revoir sa recette avec The Human Centipede 2 (Full Sequence).

Son idée de génie et de folie : faire une mise en abyme. Le film ne se passe pas dans le même univers que le premier. Ici, le premier film est juste... un film. Et le personnage principal est un fan obsédé qui veut le reproduire "pour de vrai". C'est le cauchemar ultime de tout créateur : voir sa cuisine inspirer un empoisonnement.

Le Réalisateur : Tom Six, le chef étoilé du mauvais goût
Fig. - Tom Six : "Vous vouliez du sang ? Vous allez être servis."

02.L'Histoire : Martin, le fan qu'on ne veut pas croiser

Oubliez le chirurgien allemand charismatique du premier volet. Ici, Le protagoniste, Martin, gardien de parking muet, obèse et asthmatique, dissimule un prédateur au passé incestueux et aux pulsions pédophiles suggérées. Un ingrédient qui rend le personnage absolument répugnant avant même qu'il ne passe à l'acte.

L'Histoire : Martin, le fan qu'on ne veut pas croiser
Fig. - Martin, le protagoniste.

Car quand il passe à table, c'est un carnage. Obsédé par le premier film, il veut créer son propre mille-pattes de 12 personnes, mais sans aucun diplôme de médecine. Il remplace le scalpel par un pied-de-biche pour fracasser les dents, utilise du papier de verre pour masturber l'une des victimes, et assemble les victimes à vif avec une agrafeuse industrielle. Il viole, mutile et torture avec des outils de bricolage. Ce n'est plus une opération, c'est une boucherie à ciel ouvert.

Illustration
Fig. - La cover du film.

03.Le Scandale : Une addition trop salée ?

Le film sort en 2011 et c'est l'hécatombe. Le BBFC, la commission de censure britannique, refuse carrément de le classer, ce qui équivaut à une interdiction totale. Leur verdict ? "Le film lie l'excitation sexuelle à la souffrance physique d'une manière inacceptable".

Le plus inquiétant ? La fiction a failli rattraper la réalité. Des fans un peu trop zélés ont envoyé des menaces de mort aux critiques qui avaient détesté le film. Pire encore, sur les forums obscures du web, certains "passionnés" se sont demandés si l'opération était
médicalement possible, échangeant des croquis anatomiques douteux. Tom Six a créé une communauté qui oscille entre fascination morbide et fanatisme aveugle, prouvant que parfois, les clients sont plus effrayants que le menu.

Contrairement au premier film qui suggérait beaucoup (l'horreur était psychologique), celui-ci montre TOUT. Et quand on dit tout, c'est tout. Tom Six a même dû accepter de sortir le film en noir et blanc dans certains pays pour que le sang paraisse moins réaliste. Une censure "artistique" pour tenter de faire passer la pilule d'un film glauque et oppressant.

04.Pourquoi regarder ça ? : La catharsis par l'écœurement

Au-delà du gore gratuit, The Human Centipede 2 pose une question intéressante sur notre rapport à la violence. En mettant en scène un fan qui reproduit ce qu'il voit, Tom Six tend un miroir déformant au spectateur. Martin, c'est nous. C'est le spectateur avide de sensations fortes qui en veut toujours plus.

Le film est une épreuve d'endurance. Ce n'est pas du divertissement, c'est une agression sensorielle. On n'en sort pas indemne, et c'est peut-être là le seul mérite artistique de cette œuvre : nous rappeler qu'il y a des images qu'on ne devrait peut-être pas avoir envie de voir. Ainsi, quelle est la frontière entre divertissement et agression ?

Pourquoi regarder ça ? : La catharsis par l'écœurement
Fig. - Le choix du noir et blanc : censure ou esthétique ?
The Human Centipede 2 | KVU